Ole Bjørn
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Skønvirke" - "æuvre de beauté" - est, au Danemark, une notion habituellement liée au mouvement stylistique d´"art nouveau" - ou d´"art déco" - du début des années 1900, dans le domaine du mobilier, par exemple. Mais Ole Bjørn s´en est servi plus d´une fois pour rendre compte de son achèvement de ce besoin du beau, qui nous habite tous.
Son imagerie a bourlingué de par le monde.
Elle s´est frottée à l´iconographie et à l´ornemental d´Afrique sub-saharienne, islamique, comme aux artistes non-figuratifs - "concrets" - de la France d´après-guerre. Sortie de "périodes rouges et bleues" marquées par les effets de la texture, par l´expressivité des touches, elle a avancé vers une purete et une clarté profondément personnelles. Une géométrie, qui est non seulement un concentré des aplats et des lignes de la mer, du ciel, des champs, de la lumière, mais aussi une sublimation de l´incoloris étroit et tragique de la société quotidienne. On sent, derrière tout cela, une éthique d´artisan de haut niveau. (Ce n´est pas pour rien que dans sa jeunesse Ole Bjørn fit son apprentissage de marchand de couleurs... un des derniers du Danemark ?) Mais aussi des bases philosophiques, une prise de conscience du fait que "L´Univers aime lui-même" (pour citer une de ses poèmes).
Cet æuvre d´une vie, ce "combat pour la beauté", semble avoir toujours aspiré à faire partie de façon organique d´une architecture, où l´homme peut respirer librement. Sa ligne de conduite est fondamentalement sociale. À son apogée - toutes modes et langues formelles mises de côté - son rayonnement a les vertus fraternelles d´un médicament guérisseur.
Per Sørensen